Mon expérience très enrichissante à HONKO : éducation et recherche socio-économique, par Marion

Après un peu plus d’un mois passé à l’ONG Honko, j’aimerais ici partager mon enthousiaste quant à mon expérience ici.

Tout d’abord, j’ai eu la chance de donner de nombreux cours de français aux enfants et aux adultes du village d’Ambondrolava. J’ai été agréablement surprise pas la volonté de mes élèves, petits ou grands, pour apprendre le français. Les cours se sont toujours fait dans la bonne humeur et dans un enthousiasme certain. Les élèves manquent cependant de matériel ce qui rend l’apprentissage peu aisé. Cahiers, crayons, livres, cartes seraient les bienvenus pour faciliter l’enseignement. Ce manque de matériel s’explique par le manque de moyens des parents.

D’ailleurs, j’aimerais souligner qu’à Ambondrolava, le niveau des professeurs est assez limité malgré leur bonne volonté, ces derniers n’étant que volontaires et non fonctionnaires. On comprend dès lors l’enjeu que constitue l’éducation à Madagascar, où seules les familles les plus aisées semblent avoir la possibilité d’assurer une bonne éducation à leurs enfants au sein d’écoles privées payantes.

Dans ce cadre, l’ONG Honko a mis en œuvre une ingénieuse initiative en proposant tous les samedis après-midi une éducation à l’environnement et un apprentissage des bases du français à une petite équipe de jeunes d’Ambotsibotsike et d’Ambondrolava : les juniors guides. Ainsi, l’ONG assure notamment la transmission de savoirs sur l’environnement -tout particulièrement sur les mangroves- aux générations futures et donc la pérennisation des actions actuellement effectuées au niveau des mangroves.

En dehors de cet aspect éducatif -qui m’apparait aujourd’hui comme primordial-, j’ai, par l’intermédiaire de ma recherche, pu appréhender un peu mieux les aspects socio-économiques du village d’Ambondrolava.  J’ai pu, pour l’instant, mesurer la pauvreté dans laquelle les villageois vivent, même si ces derniers sont nombreux à souligner l’évolution que Honko a pu apporter au village. En effet, les villageois -qui vivent au jour le jour de la vente de produits de la pêche, de l’agriculture ou encore de la coupe de roseaux avec moins de 1 euros par jour en moyenne- me font souvent remarquer que l’ONG a permis la création d’emplois à Ambondrolava en embauchant du personnel de façon permanente ou temporaire. Puis, des initiatives comme les journées de plantation ou encore l’association des femmes et la vannerie permettent d’augmenter de façon ponctuelle le revenu de certains villageois. L’ensemble de ces alternatives économiques à la coupe de bois de mangroves ou à la fabrication de charbon apparaissent donc comme ingénieuses et répondent à une véritable demande de la part de la communauté. En partant d’un tel constat, on ne peut donc qu’espérer une bonne santé de l’ONG pour qu’elle puisse développer encore plus d’alternatives économiques, telles que l’élevage ou encore des alternatives agricoles adaptées à la sécheresse.

Cet aspect socio-économique étant souligné, notons également que la sensibilisation à l’importance des mangroves semble réussie puisque les villageois interrogés ont bien conscience de l’importance des mangroves et ont tous notifié une évolution très positive de l’état des mangroves. D’ailleurs, rappelons que plus de 50% des mangroves dégradées ont été replantées par l’ONG Honko et ses partenaires depuis 2008, chiffre qui témoigne amplement du travail fourni par l’ONG. Les réserves temporaires de pêche sont, quant à elles, appréciées par les villageois puisque de plus gros poissons peuvent être pêchés à l’ouverture des réserves et les revenus peuvent ainsi être multipliés jusque par 10 lors de cette période.

 

 

Bref, en ce qui me concerne, mon expérience à Honko est vraiment enrichissante et me conforte dans mes ambitions futures. Le fait de pouvoir mieux appréhender la pauvreté tout en étant confronté à des problématiques liées à l’environnement est absolument passionnant. C’est ainsi que j’ai pu comprendre mieux encore que la protection de l’environnement ne peut pas se faire sans développement d’alternatives économiques pour les communautés, une gestion commune et locale des ressources naturelles et la démocratisation de l’éducation.

Je tiens, pour finir, à remercier Ainhoa, manager actuelle de Honko, pour son courage, sa ténacité et surtout son investissement dans l’ONG Honko. Nos échanges sur son expérience à Honko fut extrêmement riche et me permettent d’appréhender un peu mieux la complexité de la gestion d’une ONG.

 

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